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Saint Vincent

Lundi 26 Mai 2008 à 12:08

Publié par Faxie dans St Vincent et les Grenadines

 

Saint Vincent et les Grenadines

                           

 

 

 

 

 

 

        Capitale :  Kingstown
        Population :  116 394 habitants

        Langue officielle : anglais

 

 

 

 

 

 
Situation géographique
 
Saint-Vincent-et-les-Grenadines est un petit État indépendant des Antilles.
Il est constitué de l'île de Saint-Vincent (la plus grande du pays) et des îles septentrionales de l'archipel des Grenadines (une trentaine de petites îles, dont moins d'une douzaine sont habitées).
 
La capitale et port principal, Kingstown son situés sur la côte sud-ouest de l'île de Saint-Vincent. Le pays est divisé en six paroisses (parishes): Charlotte, Grenadines, Saint Andrew, Saint David, Saint George et Saint Patrick.
 
La majorité de la population (92 %) est concentrée dans l'île de Saint-Vincent, notamment près de la côte sud où se trouve Kingston, les Grenadines ne comptant que pour environ 8 % de la population totale.  
 
Il y a encore quelques décennies, on comptait beaucoup de Saint-Vincentais parlant le French patois, un créole à base lexicale de français, mais il est aujourd'hui pratiquement disparu, comme ce fut la cas à La Grenade et à Trinité-et-Tobago. La langue caraïbe des Amérindiens est également éteinte.
 
Histoire
 
L'île de Saint-Vincent fut d’abord habitée par les Amérindiens cibonay (Cigayos) en provenance d’Amérique du Sud il y a environ 5000 ans avant notre ère. Un autre peuple amérindien venu du Venezuela, les Arawaks,  leur succéda vers le IIIe siècle de notre ère avant d’être à son tour supplanté par les Caraïbes, un  peuple guerrier venu au XIVe siècle d’Amérique du Sud par le nord. 
 
L'île de Saint-Vincent fut probablement explorée par Christophe Colomb qui lui a donné le nom de Saint-Vincent en 1498. Cependant, la colonisation du pays ne débuta qu'au XVIIIe siècle, les Caraïbes ayant réussi à protéger Saint-Vincent (alors le Yurumein) de la présence européenne. En 1660, un traité franco-anglo-caraïbe garantit aux Caraïbes l’entière propriété des iles de la Dominique et de Saint Vincent.
 
En 1675, un bateau hollandais chargé d'esclaves fit naufrage au large des côtes de Saint-Vincent. Les Caraïbes permirent aux survivants africains de rester sur l'île. Beaucoup d'entre eux épousèrent des Caraïbes, adoptèrent leur langue de la famille arawak, leurs coutumes et s'intégrèrent à leur nouvelle société, provoquant ainsi un métissage afro-amérindien. 
 
Puis la nouvelle que Saint-Vincent (alors l'île de Yurumein) était devenue un «paradis» pour les esclaves fugitifs (ou marrons) se répandit parmi les Noirs. D'autres évadés arrivèrent et se marièrent avec des Caraïbes, ce qui créa un peuple appelé les Garifuna ou «Caraïbes noirs» ou «Caraïbes rouges». Mais la tension finit par monter entre les «Caraïbes jaunes» amérindiens (Yellow Karibs), ce qui divisa l'île en 1700.
Les Caraïbes jaunes s'installèrent à l'Ouest et les Caraïbes noirs à l'Est. Redoutant d'être dominés par les Caraïbes noirs, les Caraïbes jaunes autorisèrent les Français à s'établir 1719. Les Français envoyèrent des missionnaires parmi les Caraïbes noirs et finirent par établir des relations pacifiques avec les deux peuples caraïbes. Le French patois fit son apparition à cette époque.
 
Entre 1763 et 1783, la Grande-Bretagne et la France se disputèrent le contrôle de l'île Saint-Vincent, bien que le traité de Paris de 1763 ait reconnu les îles Saint Vincent et la Dominique comme des îles «neutres».
Les Britanniques tentèrent à plusieurs reprises d’occuper Saint-Vincent, mais les Caraïbes noirs se révélèrent de forts bons guerriers et réussirent à les repousser. Ils infligèrent même une cuisante défaite aux Anglais qui durent leur reconnaître le droit d’exister comme «nation indépendante».
 
Les Britanniques et la déportation des Garifuna
 
En 1782, le traité de Versailles accorda aux Britanniques la possession de Saint-Vincent. Les Caraïbes et Garifunas furent alors livrés à leurs pires ennemis. Les Britanniques fondèrent des plantations de canne à sucre et firent venir des esclaves africains pour y travailler, ce qui contribua à l'élaboration du créole à base d'anglais. Cependant, les Français encouragèrent les Caraïbes noirs à s'opposer à la colonisation britannique.
  
En 1797, les tribus caraïbes noires, réunies sous le commandement du chef Joseph Chatoyer, repoussèrent les Britanniques le long de la côte ouest vers Kingstown. Toutefois, lorsque Chatoyer fut tué pendant que les Français laissaient tomber leurs alliés, les Caraïbes noirs se rendirent aux Britanniques. 
Ces derniers ne pouvaient accepter que des Noirs soient libres sur une île vaincue et puissent continuer de vivre parmi eux, comme des Blancs. Comme c’était la coutume anglaise à l’époque, il leur fallait liquider ces populations jugées indésirables. Les Anglais pourchassèrent tous les Garifunas pour les emprisonner, brûlant au passages les maisons, prenant le bétail et tuant dans la mêlées des centaines de résistants. Puis, le 15 juillet 1796, Henry Dundas, le secrétaire d’État britannique à la guerre, ordonna au major-général Sir Ralph Abercromby de transporter les 4300 prisonniers garifunas sur l’île déserte de Baliceaux dans les Grenadines, en attendant qu’une décision soit prise sur leur sort. Mais sur Baliceaux, la moitié d'entre eux mourut de la fièvre jaune en raison des mauvaises conditions de détention et d'alimentation. Pendant ce temps, les Britanniques continuèrent la chasse à l'homme et détruisirent toutes les cultures de façon à affamer les survivants. 
 
Afin d’empêcher toute nouvelle résistance, le gouvernement britannique décida finalement de déporter la plupart des Garifunas. Le 26 octobre 1796, les Britanniques embarquèrent sur des bateaux 5080 d’entre eux et, après avoir chassé la garnison espagnole qui occupait l’endroit, les larguèrent sur la petite île hondurienne de Roàtan.  Mais, le 11 avril 1797, les Anglais ne laissèrent sur l’île de Roatán que 2248 Garifunas, les autres ayant péri au cours du long voyage.
 
Les Garifunas qui étaient restés à Saint-Vincent furent conduits dans des colonies pour travailler dans le nord de l’île (où leurs descendants demeurent toujours). 
Les Garifunas ne restèrent pas plus d’une décennie sur Roatàn. En bons navigateurs, ils se fabriquèrent des pirogues, puis se dispersèrent sur les côtes du Belize, du Honduras et du Nicaragua, pour devenir dorénavant non plus une nation libre, mais de petites communautés minoritaires. Les Caraïbes restants furent conduits vers des colonies dans le nord de Saint-Vincent où leurs descendants demeurent toujours, mais ils ont perdu leur langue ancestrale.

La colonisation britannique
 
Les Britanniques imposèrent l'anglais comme langue officielle et ignorèrent le créole des insulaires saint-vincentais. En 1812, sur l'île Saint-Vincent, une éruption du volcan la Soufrière détruisit les récoltes et des bâtiments de la colonie. Après l'abolition de l'esclavage en 1834, les propriétaires de plantation firent venir des travailleurs de l'Inde orientale comme ouvriers agricoles et comme domestiques.
Au cours du XIXe siècle, de nombreux Portugais s'établirent sur l'île comme négociants ou commerçants. En 1898, un cyclone endommagea des cultures et, en 1902, une éruption massive de la Soufrière détruisit des fermes et tua plus de2000 personnes. 

Au début du XXe siècle, Saint-Vincent demeurait encore sous contrôle britannique, mais l'île obtint la maîtrise croissante de ses affaires internes. En 1925, le gouvernement britannique autorisa la création du Conseil législatif, puis le suffrage universel fut accordé aux adultes en 1951. De 1958 à 1962, Saint-Vincent adhéra à la Fédération des Antilles. En 1969, elle devient un membre autonome des États associés des Antilles. Et c'est le 27 octobre 1979 qu'elle acquit son indépendance dans le cadre du Commonwealth, sous le nom de Saint-Vincent-et-les-Grenadines.
 
Un État indépendant
 
En 1979, une revendication sécessionniste vit le jour dans l'archipel des Grenadines et provoqua un bref mouvement de révolte dans l'île de l'Union. Le pays est stable depuis lors. En 1984, c'est James F. Mitchell, le dirigeant du Parti national démocratique, qui accéda au pouvoir et dirigea le pays. Malgré de nombreux scandales qui ternirent l’image de son gouvernement, accusé de corruption, James Mitchell fut réélu jusqu'en 2000. Il a été l'artisan d'un tourisme ancé dans la vie des îles, par opposition aux prix forfaitaires et aux grands hôtels. 
 
Langue
 
L'anglais est la langue officielle et parlée par presque tous les habitants comme langue seconde. Dans leur vie quotidienne, la plupart des Saint-Vincentais parlent un créole à base d'anglais appelé anglais vincentais ou «English Vincy». Le créole vincentais suit les règles de grammaire dérivées à la fois de l'anglais et des langues africaines; son vocabulaire comprend des mots anglais, mais aussi français, espagnols, caraïbes et africains.

 

 

 

 
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